2. Les actions de coopération des Etats, des communautés et des institutions de Bretton Woods

a) L'action de la Francophonie et de l'Etat français

(1) REFER

Depuis 1994, l'AUPELF (Association des Universités partiellement ou totalement de langue française) a mis en œuvre le projet REFER (Réseau Francophone de l'Education et de la Recherche) afin de faire face à l'explosion d'information numérique et créer un réseau d'information scientifique et technique universitaire entre les pays du Nord et du Sud. Cela s'est notamment traduit par des accords de recherche (groupes de travail), des bourses et l'édition d'ouvrages (le catalogue des publications est présent sur http://www.auf.org/catalogue/).

(2) SYFED

Un deuxième organisme, le Système Francophone d'Edition et de Diffusion (SYFED) a pour objectif de mettre à la disposition des universités une documentation scientifique et technique multi-support en français (support papier, CD-Rom...) susceptible de palier au peu de ressources informationnelles auquel sont souvent confrontées les universités francophones.
L'AUPELF-UREF (ancien nom de l'AUF) voulait susciter et participer au démarrage d'intranet et de réseaux universitaires dans les universités partenaires en organisant notamment de nombreuses formations dans le centre SYFED. Un soutien fort aux actions de formations de formateurs est parallèlement mené et des tentatives visant à rendre efficiente la formation à distance sont menées.

(3) Le RESAFAD

Le Réseau Africain de Formation à Distance (RESAFAD) est une initiative du ministère français des affaires étrangères dont l'objet est de faire émerger des compétences en Afrique en profitant des potentialités des TIC tout en affermissant la présence francophone sur le continent.

L'objectif du centre de ressources RESAFAD au Burkina Faso est de relayer les actions du réseau, de former aux NTIC, de faciliter l'accès à des ressources techniques et formatives, de dynamiser les échanges au sujet des NTIC pour la formation et l'éducation.

Le RESAFAD agit au Burkina Faso depuis 1997. Le réseau a lancé de nombreuses actions, citons notamment :
- La formation à distance de directeurs d'écoles dans le cadre du projet d'appui à l'enseignement de base de la coopération française. Un CD-ROM élaboré par un consortium de formateurs d'universités françaises est utilisé pour la formation.
- Le cycle de formation aux services accessibles sur Internet destiné en priorité aux cadres du secteur de l'éducation.
- Le Séminaire Interactif des Responsables de Planification (SIRP), dont l'objectif était de permettre une communication régulière entre des planificateurs africains de l'Education.
- Le lancement du Diplôme d'Université de Communicateur Multimédia évoqué précédemment. Ce dernier a été expérimenté auprès de treize inscrits en 1999-2000.
- Enfin, dans le cadre du programme Supports Médiatisés pour la Formation (SUMEF), cinq projets de réalisation de multimédia à caractère éducatif ont été identifiés. Quatre ont été poursuivis.

(4) Centre de formation au multimédia

L'Agence de la Francophonie a de son côté financé le centre de formation au multimédia du Centre Interafricain d'Etudes en Radio Rurale de Ouagadougou (CIERRO).

(5) Le P@je

L'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) a lancé en 1999 le programme "Campus numériques francophones", une initiative qui a permis d'ouvrir dans vingt pays du Sud entre 300 et 500 accès à Internet et près de 10 000 messageries.

Le programme P@je a financé l'implantation de 4 "Points d'accès à Internet pour la jeunesse" au Burkina Faso. Deux à Ouaga et deux en province (Tenkodogo et Koudougou).

Le programme consiste à sélectionner sur dossiers des structures développant des activités destinées à la jeunesse et possédant une structure susceptible d'offrir les conditions optimum de fonctionnement pour un lieu d'accès à l'internet réservé aux jeunes. Dans l'esprit du programme les jeunes doivent pourvoir accéder à Internet, mais aussi souvent faire leur première rencontre avec l'outil informatique, à des coûts compatibles avec leur pouvoir d'achat.

L'INTIF finance les coûts d'acquisition de 5 PC et des périphériques, la mise en réseau des appareils, l'abonnement chez un FAI et les frais de connexion pour les 2 premières années de fonctionnement. Les structures étant censées réunir les conditions pour autofinancer le fonctionnement du P@je à terme.

La situation par rapport à l'internet ayant considérablement évolué au Burkina comme dans la majorité des pays, depuis 1999, année de la 1ère implantation à Ouaga, les points d'accès publics ou privés se sont multipliés, les coûts de connexion sont très variables selon l'option technique retenue. La situation, du moins dans les grandes villes, s'est inversée, c'est-à-dire que les jeunes trouvent des conditions d'accès plus économiques et plus confortables dans des cyber commerciaux fonctionnant sur LS ou autres systèmes que dans les PAJE en RTC avec des coûts de connexion téléphonique élevés et un débit lent.

(6) Fragments du monde

L'agence intergouvernementale pour la Francophonie, le fond Francophone des inforoutes, le ministère de la jeunesse et des sports, celui de la culture et celui des affaires étrangères ont par ailleurs apporté les fonds nécessaires au projet Fragments du monde lancé à l'initiative de VECAM et de l'Institut National de la Jeunesse et de l'éducation Populaire. Fragments du monde est un programme qui consiste à permettre à des jeunes du monde d'utiliser Internet pour présenter un fragment de la culture de leur pays. Tous les fragments sont ensuite réunis pour former un atlas culturel du monde .

Au Burkina Faso, des jeunes ont réalisés un site sur le " faux départ du Mogho Naaba". Le Mogho Naaba est l'empereur Mossi. Une cérémonie mimant un départ à cheval avorté a lieu dans la cour de son palais chaque vendredi. La cérémonie commémore le départ raté d'un empereur Mossi qui comptait rejoindre et punir son frère qui avait fui avec les fétiches sacrés, mais l'entourage de l'empereur l'avait finalement persuadé d'annuler son projet, qui n'était pas souhaitable pour le peuple Mossi.

(7) Université virtuelle Francophone

L'université Virtuelle Francophone (UVF) a été lancée officiellement en 1998 à l'initiative de l'organisation internationale de la Francophonie.

b) La coopération néerlandaise

La coopération néerlandaise est particulièrement impliquée dans le développement des NTIC au Burkina Faso. Elle a déjà conduit de février 1999 à février 2001 un programme financé par L'IICD et Média Plaza qui a permis d'introduire les TIC dans les boutiques d'informations et a abouti selon la SNV à :
- " l'utilisation des applications et produits multimédias dans le travail d'information et de concertation des boutiques.
- l'utilisation d'Internet pour la recherche d'information pour les populations.
- La généralisation des échanges e-mails pour les contacts avec les boutiques ainsi que la participation à des réseaux concernant la décentralisation et la gestion des ressources naturelles ".

" Depuis janvier 2001, la SNV/BF appuie les initiatives en matière d'appropriation des TIC des organisations intervenant dans les départements des boutiques d'information .
- Mise en place, en partenariat avec le PNUD, d'une radio communautaire à Tansila intégrant les possibilités des satellites Worldspace (captage de données audio et numérique sur radio numérique et ordinateur).
- Création d'un centre multimédia communal à Koloko : le projet est formulé depuis Août 2001 et une requête de financement a été envoyée aux bailleurs de fonds.
- Appui à la commune de Orodara pour la formulation du projet de création d'un centre multimédia communal.
Enfin dans le cadre du renforcement des capacités, les organisations bénéficient d'appui à la réalisation de bases de données afin d'améliorer la gestion de leurs activités ".

c) Le CNUCED et le Trade Point

Le CNUCED a lancé en 1992 le programme Trade Point qui prévoyait la mise en place à d'un système d'information et d'échanges sécurisés.
Le Trade Point du Burkina Faso est hébergé au sein de l'Office National du Commerce Extérieur (ONAC). Ses objectifs sont :
- Faciliter l'activité commerciale en mettant l'information sur la réglementation à la disposition de tous les acteurs économiques.
- Mettre le potentiel offert par l'Internet à la disposition des acteurs économiques bukinabé afin de leur permettre de saisir toutes les opportunités offertes par la mondialisation.
- Créer un cadre réglementaire favorable à la dématérialisation des procédures de façon à favoriser le commerce électronique.

d) La Banque mondiale

(1) AfricaLink

Le programme AfricaLink mis en place par la Banque Mondiale doit permettre de connecter plusieurs centres de l'Institut de l'Environnement et de la Recherche Agricole (INERA) à la messagerie électronique, notamment ceux situés dans l'arrière pays.

Le projet de Système d'Information et de Suivi de l'Environnement sur Internet (SISEI) bénéficie de l'assistance de l'UNITAR (United Nations Institute for Training and Research). Le SISEI-Burkina Faso consiste en une base de données sur l'environnement au Burkina Faso, conçue et alimentée par toutes les institutions intervenant dans le domaine.

(2) Université virtuelle Africaine

L'Université Virtuelle Africaine (UVA) a été lancée à l'initiative de la Banque Mondiale en 1997.

e) Le PNUD : Initiative Internet pour l'Afrique (IIA) /Réseau de Développement Durable (RDD)

Le projet Réseau Développement Durable (RDD) initié par le PNUD en 1991, s'appuie sur différentes institutions dans le cadre du projet régional "Initiative Internet pour l'Afrique" (IIA). Au Burkina Faso, il prévoit l'accroissement de la capacité du noeud national avec un doublement du débit actuel ainsi que la décentralisation des accès par la mise en place de cinq noeuds locaux, dont ceux de Bobo-Dioulasso et de Koudougou.

f) L'UNESCO et le CRDI : projet de télécentres communautaires polyvalents d'appui au développement humain durable (TPC)

Ce projet vise l'implantation de télécentres communautaires polyvalents en zones rurales. Ces centres assureront un accès aux nouveaux outils de communication dans des endroits habituellement peu desservis. Placé sous l'égide de la DELGI, le projet prévoit l'ouverture de 50 centres en zones rurales et la création de supports multimédias permettant l'auto-formation. Le projet est co-financé par l'UNESCO et par le CRDI.

g) La FAO et le projet de télécentres communautaires polyvalents à BOUGNOUNOU

La FAO a lancé un programme de mise en place de télécentres communautaires polyvalents dont l'objectif est triple :
- Assurer des services de communication sur des thèmes spécifiques tels que l'éducation des filles, la santé ou la gestion des ressources naturelles ;
- Assurer, pour les populations rurales de Bougnounou, un accès aux informations agro-météorologiques et environnementales et aux informations sur le marché et les produits ;
- Former des acteurs du développement rural par le biais de supports multimédias ;

h) L'IICD et l'Intranet FIAB

Le soutien économique de l'Institution Internationale pour l'Information de la Communication pour le Développement (IICD) a permis à la Fédération Nationale des Industries Agroalimentaire du Burkina (FIAB) de développer un réseau Intranet qui facilite la transmission d'informations entre les différents opérateurs de la fédération.

i) Le projet Inforoute Communale

L'Inforoute Communale du Burkina Faso est un carrefour d'échange d'informations au profit du processus de décentralisation, des communes et de l'administration.
Les objectifs du projet sont les suivants :
- Permettre aux gestionnaires des mairies de bénéficier d'outils de gestion en vue de l'amélioration de la gestion financière et administrative des communes.
- Donner aux organismes de tutelle, des outils d'aide à la décision afin de permettre un meilleur accompagnement des compétences administratives et financières des communes.
- Mettre en relation les communes par le biais des NTIC afin qu'elles puissent offrir des services d'état civils décentralisés
- Permettre aux acteurs clés de disposer d'information permettant d'affiner des actions stratégiques en matière de développement et de décentralisation
- Assurer la pérennité et la consolidation future du projet d'Inforoute communale.

j) Divers

Le Burkina Faso est engagé dans plusieurs autres programmes sous-régionaux, notamment :
- le Programme de lutte contre le Sida en Afrique Francophone qui utilise l'internet pour connecter entre eux les chercheurs sur le Sida ;
- Le Connectivity Information and Training Centre for Internet (CITI) sous l'égide de l'UNITAR doit permettre de former des techniciens pour fournir des services internet aux organisations publiques et privées.


Observons enfin l'action associative dans le domaine des NTIC. De très nombreuses associations et ONG oeuvrent pour le développement des nouvelles technologies au Burkina Faso, nous ne pourrons donc pas être exhaustifs. Le milieu associatif est extrêmement hétérogène et certaines associations comme RENER pèsent beaucoup dans l'internet burkinabé.

 

 

 

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