|
C. Structures nationales et actions internationales de développement Examinons en premier lieu les structures nationales et le cadre de développement des NTIC avant de nous pencher sur les caractéristiques du plan de développement.
Le Conseil Supérieur à l'Informatique du
Faso (CSIF) a été créé en 1997. Il est présidé
par le Chef du gouvernement, ses missions sont les suivantes :
La Délégation Générale à
l'Informatique (DELGI) a été créée en 1997.
C'est un organe public d'aide à la décision, d'exécution
et de contrôle de la politique informatique de l'État. Son
délégué général, actuellement Johachim
Tokoano, est nommé en Conseil des Ministres. La DELGI est rattachée
au Premier Ministre. Ses missions sont les suivantes :
Des ateliers nationaux ont été lancés en 1996 et 1997 dans l'objectif d'engager des réflexions sur le développement des nouvelles technologies au Burkina Faso. De nombreuses pistes de développement sont issues de ces ateliers.
Un cadre de référence a été défini afin d'assurer un développement global et cohérent des TIC. Il a été approuvé par le Conseil Supérieur de l'Informatique du Faso le 23 avril 1998. Il poursuit les objectifs suivants : Ces intentions ont été traduites par quatre
programmes sectoriels :
L'Office National des Télécommunications
(ONATEL) a été créé le 19 février 1987
sous la forme juridique d'un établissement public à caractère
industriel et commercial (EPIC), il a ensuite été transformé
en novembre 1994 en société d'Etat. Ses missions étaient
à sa création les suivantes ; elles sont restées
approximativement les mêmes :
Le Centre National de Traitement de l'Information (CENATRIN) a été créé au début des années 70. Son avènement correspond à l'introduction de l'informatique au Burkina Faso.
Le CENATRIN était à sa création, un
Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial
(EPIC), ses missions traduisaient une volonté d'optimiser l'utilisation
du matériel et la gestion des ressources humaines, toutes deux
très rares à l'époque dans le secteur informatique
: De sa création en 1970 jusqu'à l'avènement de la micro-informatique à la fin des années 80, le CENATRIN a assuré le développement d'applications informatiques pour les principaux services de l'Etat. Au début des années 90, l'évolution du matériel et de l'informatique personnelle a conduit l'Etat burkinabé à modifier son approche et à adopter le premier plan directeur informatique national. La politique de centralisation des traitements informatiques autours du CENATRIN a été abandonné au profit d'une politique de rapprochement de l'outil informatique de l'utilisateur final.
La nouvelle orientation a conduit à une redéfinition
des missions du CENATRIN qui a été transformé en
1994 en Société d'Etat. Les nouvelles missions du CENATRIN
sont les suivantes : Le CENATRIN dispose d'un siège à Ouagadougou et d'un bureau à Bobo-dioulasso.
Le gouvernement burkinabé a défini dans le
plan quinquennal de 2000-2005, les orientations générales
de sa politique de développement humain durable. Le gouvernement
y a intégré l'usage des nouvelles technologies de la communication
(NTIC).
La stratégie de développement des NTIC reflète le souhait de l'Etat burkinabé de donner une priorité au développement humain tel qu'il est définit par le PNUD.
La loi du 23 décembre 1998 organise la fin de trente années de monopole de l'ONATEL. Des opérateurs privés ont déjà fait leur entrée sur le marché des télécommunications. La concurrence devrait favoriser l'émergence d'un service plus efficace et moins onéreux.
Un Intranet sécurisé administratif (RESINA) est en cours de réalisation. Le réseau ainsi créé devrait permettre un meilleur accès à l'information dans l'ensemble des services de l'Etat, notamment pour les services décentralisés. La DELGI, noyau central de ce réseau, offrira un accès à l'internet aux services publics.
La compétitivité du Burkina Faso au sein de l'union économique et monétaire ouest africain (UEMOA) passe par un renforcement de ses infrastructures de télécommunications de base et son accessibilité par toutes les populations y compris celles des zones rurales. Il est, dans cette logique, prévu l'installation de points d'accès de proximité répartis sur le territoire national en vue de développer la communication des populations avec l'international. Le gouvernement a parallèlement attiré l'attention de ses consuls et ambassadeurs sur l'internet comme moyen de communication international. Ceci en vue d'améliorer la communication auprès des partenaires internationaux et des représentations à l'étranger.
Le gouvernement souhaite développer des sites web d'information sur les procédures administratives, appels d'offres Ces sites permettront de renforcer l'implication des citoyens dans la politique en leur donnant une information plus limpide. Ceci dans l'objectif de renforcer l'état de droit et la démocratie.
Les bases de la politique nationale, jetées en 1996-97, insistaient fortement sur le rôle central du DELGI. Cette centralisation n'est plus adaptée en 2002. Trop lourde, la politique n'implique pas suffisamment le privé. Les choix stratégiques sont ensuite inadaptés car ils ne sont pas orientés vers des outils gratuits tels que les logiciels libres. Enfin, l'absence de sensibilisation du public burkinabé aux nouveaux outils de communication ne permet pas aux acteurs économiques du pays de comprendre les enjeux de sa maîtrise.
En 1999, les recettes téléphoniques de l'ONATEL avoisinaient cinq cent millions de francs CFA. Dans le même temps, les recettes des services Internet (connexion, abonnement, etc.) étaient estimées à plus de quatre milliard de francs CFA. Ce chiffre explique à lui seul le manque d'empressement de l'Etat à privatiser l'opérateur national. Les investissements initiaux de l'ONATEL et la création du 1150, service de connexion au prix d'une communication locale partout sur le territoire, ont facilité l'implantation de l'internet au Burkina Faso. Mais cela a également donné naissance à une hégémonie et a instauré un environnement de concurrence déloyale puisque seul l'ONATEL fourni un accès à l'internet via ce tarif local partout dans le pays. Cet environnement handicape beaucoup le développement des services internet dans les villes secondaires. Ces dernières ne peuvent pas profiter des services des concurrents de l'ONATEL et la volonté politique semble faire défaut pour corriger cette situation inéquitable. Le Burkina Faso fait figure de retardataire dans la sous région puisque tous ces principaux voisins ont donné aux entreprises les moyens de développer un service rentable d'accès à l'internet. En moyenne chacun de ces pays possède ainsi une dizaine de FAI.
|
| Page précédente |