Les sites web sur le Burkina Faso sont en apparence nombreux en 2002. Une recherche sur " Burkina Faso " avec le moteur de recherche Google permet d'accéder à environ 816 000 résultats. Cette première constatation doit être relativisée. D'une part, cela ne signifie pas que les sites sont aussi nombreux mais seulement que les " mots clés " en question apparaissent dans 816 000 sites environ. La même recherche limitée aux pages francophones donne 167 000 réponses. L'information est donc principalement d'origine anglophone. D'autre part, la même recherche appliquée par exemple au mot " France ", renvoie approximativement 32 500 000 réponses avec le même moteur. Soit près de 40 fois plus. Il est également intéressant de constater qu'à la pénurie de contenu en liaison avec le Burkina Faso s'ajoute une pénurie de contenu d'origine burkinabé.
L'étude de la première page de résultats renvoyés par le moteur Google avec les mots " France " et " Burkina Faso " est en ce sens explicite. Tout d'abord, la recherche avec le mot France renvoie au
31 juillet 2002, la liste suivante : Le contenu renvoyé correspond donc en intégralité à des sites d'entreprises. La majorité étant par ailleurs d'origine française (" * " apparaît à côté des sites d'origine étrangère). Précisons que pour Lycos-multimania, le site renvoyé est celui de multimania, entreprise française, passée récemment sous le contrôle de Lycos, entreprise américaine. La même recherche appliquée au Burkina Faso
donne le résultat suivant : On constate tout d'abord qu'aucune entreprise mis à part l'ONATEL n'intervient dans la liste de résultat. On remarque ensuite que la majorité des réponses correspond à un contenu d'origine étrangère au Burkina Faso. Précisons cependant que cette constatation n'est valable qu'à l'instant du constat et que la situation est susceptible d'évoluer à tout moment ; les règles qui définissent l'ordre d'apparition dans les moteurs de recherche sont modifiées continuellement.
Dans ce chapitre, nous ne prétendons évidemment pas fournir un panorama exhaustif des sites présents sur les inforoutes burkinabé, nous avons vu précédemment que le nombre de pages sur le Burkina est déjà considérable malgré le retard affiché par ce pays en la matière. Nous nous contenterons de donner un aperçu le plus représentatif possible des types de contenu apparaissant sur les inforoutes burkinabé.
Le premier résultat d'une recherche sur le Burkina Faso renvoie sur le site du gouvernement. Ce positionnement reflète la forte présence du contenu d'origine gouvernemental au sein des inforoutes burkinabé. Il existe une dizaine de sites d'origine institutionnelle : www.primature.gov.bf (Site officiel du Gouvernement)
Les sites dans le domaine de la recherche et de l'éducation
sont encore peu nombreux, on peut cependant noter les présentations
suivantes :
Les sites portail sur le Burkina sont en pleine explosion
depuis deux ans. Les tentatives de " monter un portail " sont
nombreuses et les motivations diverses. On constate une volonté
des principales entreprises burkinabé de renforcer leur notoriété
en occupant ce terrain mais aussi des initiatives individuelles de burkinabé
qui ont été parmi les premiers à investir le terrain
des NTIC et qui exploitent l'avance conséquente qu'ils ont pu acquérir
sur leurs compatriotes. Il est vrai que la rareté du contenu burkinabé
sur la toile incite à occuper ce marché.
Les associations burkinabé sont de plus en plus
présentes sur la toile et les sites fleurissent, notamment ceux
d'associations qui participent à la promotion des nouvelles technologies.
Le Trade Point du Burkina Faso (http://www.tradepoint.bf) mérite une attention particulière. Ce site consiste en une plate-forme d'information dédiée au commerce international impliquant le Burkina Faso. La possibilité de publier des offres d'affaires représente un important pas en avant pour les opportunités de commerce du pays. Le succès du trade point est cependant encore très limité et l'existence du site semble pour l'instant symbolique. Une comparaison rapide permet de constater que pour 13 offres apparaissant sur le Trade point du Burkina le 31 juillet 2002, 1143 sont en ligne sur celui du Sénégal.
Le Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO) dispose d'un site web (www.siao.bf) qui permet une visite virtuelle du salon. Ce site existe également dans une version en langue anglaise. Ce site permet d'assurer la promotion de l'artisanat burkinabé partout dans le monde.
Le Burkina Faso est un pays dont l'économie est principalement agricole. La commercialisation des produits de l'agriculture représente donc un enjeu économique important. Les inforoutes présentent en ce sens un potentiel indéniable. Cet enjeu a bien été perçu par la fédération des industries agroalimentaires du Burkina qui a mis en ligne un site vitrine de ses activités et de ses produits. http://www.faso-ong.org/fiab/
Les entreprises à disposer d'un site web sont peu
nombreuses au Burkina. A quelques exceptions près, seules les plus
grandes entreprises sont pour l'instant présentes sur la toile.
Les médias sont de plus en plus présents
sur les inforoutes, la plupart d'entre eux possèdent un site. Notons
par exemple :
Le Burkina Faso est un pays particulièrement connu
et reconnu pour son cinéma mais aussi pour sa musique, ses masques
et ses contes. Plusieurs sites ont été mis en ligne afin
de promouvoir et de faire vivre sur les inforoutes ces différentes
facettes de la culture burkinabé.
Les sites qui présentent le Burkina sur un aspect
touristique et à l'attention des étrangers européens
et américains sont principalement l'uvre de ressortissants
des continents en question. Notons néanmoins que commencent à
apparaître quelques pages personnelles de burkinabé qui maîtrisent
progressivement les techniques de conception. Ces sites sont très
nombreux, nous nous contenterons d'en citer quelques uns, fréquemment
présentés en " liens conseillés " sur les
autres sites :
Le site andines.com (http://www.andines.com), comme le site commerceequitable.com propose la vente en ligne d'artisanat et de produits agricoles africains. Une partie des objets proposés sont produits par des burkinabé. Le site http://www.artisanatweb.com propose un service comparable spécialisé dans l'artisanat.
Il existe de nombreux sites d'organismes internationaux
et de représentations de pays étrangers. Citons par exemple
:
Les sites web d'associations et d'ONG au Burkina Faso sont
nombreux. Voici à titre d'illustration quelques adresses de sites
d'associations et d'ONG oeuvrant au Burkina :
Il est difficile d'estimer précisément le nombre de sites hébergés au Burkina. Effectivement, de nombreux sites apparaissent en sous-domaine et sont donc peu visibles. Notons que l'hébergement de sites web au Burkina est pour l'instant très onéreux et de mauvaise qualité, il est même rare de pouvoir accéder depuis la France à certains sites hébergés en .bf. Voici une illustration des prix pratiqués par l'ONATEL, ceci pour une qualité de service que nous estimons comparable à celle de l'offre proposée à 1.5 euros mensuel par hébergement discount, entreprise d'hébergement basée à Toulouse.
L'entreprise Liptinfor propose pour sa part une unique offre au prix de 20 000 francs CFA htva par mois par tranche de 5 Mo ZCP propose enfin d'héberger un site Web pour 180 000 francs CFA par an et par tranche de 5 Mo.
Les coûts pratiqués en conception Internet sont difficiles à présenter de façon catégorique et objective. Effectivement, le Burkina Faso est un pays dans lequel la culture de la négociation des prix est très répandue. Comme, le disent fréquemment avec humour les commerçants des marchés aux touristes intéressés : " il faut regarder, c'est moitié cadeau, moitié pas cher ". Cet état d'esprit se reflète dans les prix de conception web et le premier prix annoncé ne correspond que rarement à une juste estimation du coût estimé du travail mais plutôt à l'approche la plus précise possible du prix que le client est prêt à payer pour son site web. La mise en concurrence permet de contrebalancer partiellement ce phénomène. Mais un accord tacite entre les différents prestataires de conception web implique qu'un organisme de coopération brassant des millions de francs CFA paiera sans le moindre doute un site vitrine de 10 pages beaucoup plus cher qu'une entreprise dont le directeur a une connaissance chez un prestataire de conception web.
L'entreprise LIPTINFOR annonce sur son site, des prix de l'ordre de 50 000 francs CFA htva par page web créée.
ZCP facture la création d'un domaine sous bf à 30 000 FCFA. La création d'un domaine en .com ou .org coûte en revanche 90 000 FCFA. Notons que cette opération prend au maximum une dizaine de minutes et coûte 12 euros sur le site www.gandi.net. Les prix pratiqués pour la conception de sites web ne sont pas annoncés par l'entreprise sur son site.
Nous avons constaté au cours de notre enquête un cas de figure révélateur du paradoxe engendré par le manque de compétences : une entreprise informatique burkinabé ne disposant pas de compétences en conception Internet, sous-traitait à un concepteur web français le développement de contrats obtenus au Burkina Faso. Si l'on considère le rapport du niveau des salaires entre la France et le Burkina Faso (salaire minimum environ 20 fois supérieur en France) et le prix de vente des sites web également plus élevé en France, la sous-traitance d'un contrat obtenu au Burkina Faso vers la France tient de l'aberration économique. Dans l'absolu, cette forme de contrat est rentable puisqu'elle semble permettre à un prestataire français de gagner une petite marge sur le contrat et à l'intermédiaire burkinabé de conserver une commission satisfaisante. Cependant, les sommes, rapportées au pouvoir d'achat dans chaque pays, relativisent le constat et soulignent la nécessité de ne pas pérenniser ce type de contrat en développant rapidement les compétences dans le pays.
Les coûts de la conception web au Burkina sont, nous
l'avons vu, très élevés. Cela peut s'expliquer par
plusieurs facteurs : Or, ces coûts élevés découragent les quelques organisations qui auraient réellement un intérêt à diffuser de l'information sur le web. Penchons nous maintenant sur les structures nationales,
internationales et associatives qui encadrent et accompagnent le développement
de l'internet au Burkina Faso. |
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