3. L'information burkinabé sur les inforoutes

a) La visibilité et la pertinence d'une recherche sur le web burkinabé

(1) Quantité

Les sites web sur le Burkina Faso sont en apparence nombreux en 2002. Une recherche sur " Burkina Faso " avec le moteur de recherche Google permet d'accéder à environ 816 000 résultats.

Cette première constatation doit être relativisée. D'une part, cela ne signifie pas que les sites sont aussi nombreux mais seulement que les " mots clés " en question apparaissent dans 816 000 sites environ. La même recherche limitée aux pages francophones donne 167 000 réponses. L'information est donc principalement d'origine anglophone. D'autre part, la même recherche appliquée par exemple au mot " France ", renvoie approximativement 32 500 000 réponses avec le même moteur. Soit près de 40 fois plus.

Il est également intéressant de constater qu'à la pénurie de contenu en liaison avec le Burkina Faso s'ajoute une pénurie de contenu d'origine burkinabé.

(2) Qualité, origine et pertinence des résultats

L'étude de la première page de résultats renvoyés par le moteur Google avec les mots " France " et " Burkina Faso " est en ce sens explicite.

Tout d'abord, la recherche avec le mot France renvoie au 31 juillet 2002, la liste suivante :
1. Yahoo France *
2. Météo France
3. France Telecom
4. France-2
5. Bibliothèque Nationale de France
6. Air France (accueil en anglais)
7. France-3
8. Page d'accueil de Lycos multimania *
9. Air France (accueil en français)
10. Internet.com *

Le contenu renvoyé correspond donc en intégralité à des sites d'entreprises. La majorité étant par ailleurs d'origine française (" * " apparaît à côté des sites d'origine étrangère). Précisons que pour Lycos-multimania, le site renvoyé est celui de multimania, entreprise française, passée récemment sous le contrôle de Lycos, entreprise américaine.

La même recherche appliquée au Burkina Faso donne le résultat suivant :
1. Site du gouvernement burkinabé
2. Site de la CIA
3. Site sur le Burkina Faso (en anglais)
4. Site de l'ambassade du Burkina aux Etats-Unis (en anglais)
5. Site de l'ambassade du Burkina au canada
6. All africa.com (site en anglais)
7. Ambassade des Etats-Unis au Burkina (an anglais)
8. Site du bureau des affaires consulaires des Etats-Unis (en anglais)
9. Site de l'ONATEL
10. Site de l'ambassade de France au Burkina

On constate tout d'abord qu'aucune entreprise mis à part l'ONATEL n'intervient dans la liste de résultat. On remarque ensuite que la majorité des réponses correspond à un contenu d'origine étrangère au Burkina Faso.

Précisons cependant que cette constatation n'est valable qu'à l'instant du constat et que la situation est susceptible d'évoluer à tout moment ; les règles qui définissent l'ordre d'apparition dans les moteurs de recherche sont modifiées continuellement.

b) Panorama du web burkinabé

Dans ce chapitre, nous ne prétendons évidemment pas fournir un panorama exhaustif des sites présents sur les inforoutes burkinabé, nous avons vu précédemment que le nombre de pages sur le Burkina est déjà considérable malgré le retard affiché par ce pays en la matière. Nous nous contenterons de donner un aperçu le plus représentatif possible des types de contenu apparaissant sur les inforoutes burkinabé.

(1) L'information d'origine burkinabé

(a) De nombreux sites officiels et une bonne information à l'intention des investisseurs potentiels

Le premier résultat d'une recherche sur le Burkina Faso renvoie sur le site du gouvernement. Ce positionnement reflète la forte présence du contenu d'origine gouvernemental au sein des inforoutes burkinabé. Il existe une dizaine de sites d'origine institutionnelle :

www.primature.gov.bf (Site officiel du Gouvernement)
www.finances.gov.bf (Site du Ministère de l'Economie et des finances)
www.mairie-ouaga.bf (Site de la Mairie de Ouagadougou)
www.delgi.gov.bf (Site de la Délégation générale à l'informatique)
www.legiburkina.bf (Site sur la législation du BURKINA FASO)
www.ambf.bf (Site de l'association des maires du Burkina)
www.metss.gov.bf (Site du ministère de l'emploi du travail et de la sécurité sociale)
www.mediateur.gov.bf (Site du médiateur du Faso)
www.mae.gov.bf (Site du ministère des affaires étrangères )
http://www.zedcom.bf/annonces/ontb/ontb.htm (Office du tourisme)

(b) La recherche et l'éducation

Les sites dans le domaine de la recherche et de l'éducation sont encore peu nombreux, on peut cependant noter les présentations suivantes :
www.univ-ouaga.bf (Site de l'Université de Ouagadougou)
www.profis.gov.bf ( Site du programme de formation au métier de l'image et du son)
http://www.isig.bf (site de l'Institut Supérieur en Informatique de Gestion)
www.ciospb.bf ( site du centre d'orientation scolaire et universitaire)
www.foner.bf ( site web du FONER, le fonds de éducation et recherche)
www.worldlinks.bf ( site du programme d'enseignement à distance de la banque mondiale au Burkina)
www.droit-et-toile.net/fr/index.html ( site web sur le droit et la toile)
www.cafp.bf ( site web de la cellule d'appui à la formation professionnelle)

(c) Les sites portail

Les sites portail sur le Burkina sont en pleine explosion depuis deux ans. Les tentatives de " monter un portail " sont nombreuses et les motivations diverses. On constate une volonté des principales entreprises burkinabé de renforcer leur notoriété en occupant ce terrain mais aussi des initiatives individuelles de burkinabé qui ont été parmi les premiers à investir le terrain des NTIC et qui exploitent l'avance conséquente qu'ils ont pu acquérir sur leurs compatriotes. Il est vrai que la rareté du contenu burkinabé sur la toile incite à occuper ce marché.
http://www.netaccess.bf/
www.burkinet.com
www.burkina.org
www.burkinaonline.bf/
www.liptinfor.bf/
www.multimania.com/ysanfo/

(d) Les sites d'associations burkinabé

Les associations burkinabé sont de plus en plus présentes sur la toile et les sites fleurissent, notamment ceux d'associations qui participent à la promotion des nouvelles technologies.
http://www.yam-pukri.org (le site de l'association Yam pukri pour le développement des NTIC au Burkina)
www.faso-ong.org/ (le site fédérateur des des ONG oeuvrant au Burkina)
www.rifod.org (le site de l'association RIFOD)
http://www.clubarobase.bf (le site du club arobase)

(e) La promotion des produits du Burkina : un début encourageant

(i) Une plate forme d'information : le Trade Point

Le Trade Point du Burkina Faso (http://www.tradepoint.bf) mérite une attention particulière. Ce site consiste en une plate-forme d'information dédiée au commerce international impliquant le Burkina Faso. La possibilité de publier des offres d'affaires représente un important pas en avant pour les opportunités de commerce du pays.

Le succès du trade point est cependant encore très limité et l'existence du site semble pour l'instant symbolique. Une comparaison rapide permet de constater que pour 13 offres apparaissant sur le Trade point du Burkina le 31 juillet 2002, 1143 sont en ligne sur celui du Sénégal.

(ii) L'artisanat

Le Salon International de l'Artisanat de Ouagadougou (SIAO) dispose d'un site web (www.siao.bf) qui permet une visite virtuelle du salon. Ce site existe également dans une version en langue anglaise. Ce site permet d'assurer la promotion de l'artisanat burkinabé partout dans le monde.

(iii) Les produits agricoles (haricots verts et mangues)

Le Burkina Faso est un pays dont l'économie est principalement agricole. La commercialisation des produits de l'agriculture représente donc un enjeu économique important. Les inforoutes présentent en ce sens un potentiel indéniable. Cet enjeu a bien été perçu par la fédération des industries agroalimentaires du Burkina qui a mis en ligne un site vitrine de ses activités et de ses produits. http://www.faso-ong.org/fiab/

(iv) Les entreprises

Les entreprises à disposer d'un site web sont peu nombreuses au Burkina. A quelques exceptions près, seules les plus grandes entreprises sont pour l'instant présentes sur la toile.
www.fasonet.bf/pr-prao (Site du projet de la Société des Fibres et Textiles ; SOFITEX)
www.onatel.bf (Site de l'ONATEL)
www.fasonet.bf (Site de l'ONATEL pour la clientèle abonnée aux différents services internet)
www.cenatrin.bf (Site du CENATRIN)
www.cenatrin.bf/sogetel (Site de la Compagnie d'électricité SOGETEL)
www.liptinfor.bf (Site de la société LIPTINFOR elle-même)

(v) Les Médias

Les médias sont de plus en plus présents sur les inforoutes, la plupart d'entre eux possèdent un site. Notons par exemple :
www.tnb.bf (Site de la Télévision Nationale du Burkina)
www.sidwaya.bf (Site des Editions SIDWAYA)
www.aib.bf( Site de l'agence d'information du Burkina)
www.fasonet.bf/hebdo( Site de l'hebdomadaire du Burkina)
www.lobservateur.bf ( Site de l'observateur Paalga)


(vi) L'art et la culture (cinéma, lettre, …)

Le Burkina Faso est un pays particulièrement connu et reconnu pour son cinéma mais aussi pour sa musique, ses masques et ses contes. Plusieurs sites ont été mis en ligne afin de promouvoir et de faire vivre sur les inforoutes ces différentes facettes de la culture burkinabé.
www.fespaco.bf (Site du Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou (FESPACO
www.culture.gov.bf ( Site du ministère des Arts et de la Culture)
www.museedegaoua.gov.bf ( Site du musée de Gaoua)
www.poterieduburkina.gov.bf ( Site sur la potérie au Burkina Faso)
www.museedelamusique.gov.bf ( Site du musée de la musique de Ouagadougou)
www.snc.gov.bf( Site de la semaine nationale de la culture)
http://www.bf.refer.org/texte/palabre4/index.htm (contes et légendes africaines)

(2) Les sites d'origine étrangère sur le Burkina Faso

(a) La promotion du tourisme : une affaire de " sites personnels "

Les sites qui présentent le Burkina sur un aspect touristique et à l'attention des étrangers européens et américains sont principalement l'œuvre de ressortissants des continents en question. Notons néanmoins que commencent à apparaître quelques pages personnelles de burkinabé qui maîtrisent progressivement les techniques de conception. Ces sites sont très nombreux, nous nous contenterons d'en citer quelques uns, fréquemment présentés en " liens conseillés " sur les autres sites :
www.bobodioulasso.net (un portail humoristique sur la ville de Bobo-dioulasso réalisé par un coopérant français).
http://membres.lycos.fr/michaud/burkina/main.htm (un site sur le Burkina réalisé par un couple français).
http://www.vilain.de/ (un site sur le Burkina réalisé par un français)

(b) Aide au développement du commerce

Le site andines.com (http://www.andines.com), comme le site commerceequitable.com propose la vente en ligne d'artisanat et de produits agricoles africains. Une partie des objets proposés sont produits par des burkinabé.

Le site http://www.artisanatweb.com propose un service comparable spécialisé dans l'artisanat.

(c) Organismes internationaux, gouvernements étrangers et institutions de développement

Il existe de nombreux sites d'organismes internationaux et de représentations de pays étrangers. Citons par exemple :
http://www.bf.resafad.org/ (site du RESAFAD, réseau de formation à distance au Burkina)
http://www.bf.refer.org/ (site de l'agence universitaire de la francophonie au Burkina Faso)
http://www.pnud.bf/ (site du PNUD au Burkina Faso)
www.ird.bf (Site de l'IRD ex ORSTOM)
www.france-burkina.bf (ambassade de France au Burkina)
www.francophonie.gov.bf (Site de la Francophonie)
www.snvburkina.org (Organisation Néerlandaise de Développement)
www.pnud.bf ( site web du PNUD Burkina Faso)

(d) Associations

Les sites web d'associations et d'ONG au Burkina Faso sont nombreux. Voici à titre d'illustration quelques adresses de sites d'associations et d'ONG oeuvrant au Burkina :
http://www.edukafaso.org
http://www.france-burkina.bf/CoopDec/ONG/AOI.html (aide ondotologique internationale)
http://membres.lycos.fr/capdeveloppement/ (site d'une association havraise de solidarité internationale)

c) L'hébergement du web burkinabé

Il est difficile d'estimer précisément le nombre de sites hébergés au Burkina. Effectivement, de nombreux sites apparaissent en sous-domaine et sont donc peu visibles.

Notons que l'hébergement de sites web au Burkina est pour l'instant très onéreux et de mauvaise qualité, il est même rare de pouvoir accéder depuis la France à certains sites hébergés en .bf.

Voici une illustration des prix pratiqués par l'ONATEL, ceci pour une qualité de service que nous estimons comparable à celle de l'offre proposée à 1.5 euros mensuel par hébergement discount, entreprise d'hébergement basée à Toulouse.

Description
Désignation des frais
Prix unitaire en F CFA TTC
Formule http://www.fasonet.bf/nom du domaine
Mise en service
17 700
Redevance mensuelle par tranche indivisible de 5 MO
29 500
Formule http://www.nom du domaine.bf
Mise en service
100 300
Redevance mensuelle par tranche indivisible de 5 MO
82 600
Formule http://www.nom du domaine.bf ou http://www.nom du domaine.org
Mise en service
141600
Redevance mensuelle par tranche indivisible de 5 MO
82 600
Formule site Web commercial sécurisé http://www.nom du domaine.bf ou http://www.nom du domaine.com
Mise en service sur devis !
Sur devis
Redevance mensuelle par tranche indivisible de 5 MO
Sur devis

L'entreprise Liptinfor propose pour sa part une unique offre au prix de 20 000 francs CFA htva par mois par tranche de 5 Mo

ZCP propose enfin d'héberger un site Web pour 180 000 francs CFA par an et par tranche de 5 Mo.


d) Un marché intérieur extrêmement limité

(1) Les coûts importants de la création Internet au Burkina Faso

(a) Les coûts pratiqués

Les coûts pratiqués en conception Internet sont difficiles à présenter de façon catégorique et objective. Effectivement, le Burkina Faso est un pays dans lequel la culture de la négociation des prix est très répandue. Comme, le disent fréquemment avec humour les commerçants des marchés aux touristes intéressés : " il faut regarder, c'est moitié cadeau, moitié pas cher ".

Cet état d'esprit se reflète dans les prix de conception web et le premier prix annoncé ne correspond que rarement à une juste estimation du coût estimé du travail mais plutôt à l'approche la plus précise possible du prix que le client est prêt à payer pour son site web.

La mise en concurrence permet de contrebalancer partiellement ce phénomène. Mais un accord tacite entre les différents prestataires de conception web implique qu'un organisme de coopération brassant des millions de francs CFA paiera sans le moindre doute un site vitrine de 10 pages beaucoup plus cher qu'une entreprise dont le directeur a une connaissance chez un prestataire de conception web.

(i) Les coûts pratiqués par Liptinfor

L'entreprise LIPTINFOR annonce sur son site, des prix de l'ordre de 50 000 francs CFA htva par page web créée.

(ii) Les coûts pratiqués par ZCP

ZCP facture la création d'un domaine sous bf à 30 000 FCFA. La création d'un domaine en .com ou .org coûte en revanche 90 000 FCFA. Notons que cette opération prend au maximum une dizaine de minutes et coûte 12 euros sur le site www.gandi.net.

Les prix pratiqués pour la conception de sites web ne sont pas annoncés par l'entreprise sur son site.

(b) L'illustration d'un paradoxe

Nous avons constaté au cours de notre enquête un cas de figure révélateur du paradoxe engendré par le manque de compétences : une entreprise informatique burkinabé ne disposant pas de compétences en conception Internet, sous-traitait à un concepteur web français le développement de contrats obtenus au Burkina Faso.

Si l'on considère le rapport du niveau des salaires entre la France et le Burkina Faso (salaire minimum environ 20 fois supérieur en France) et le prix de vente des sites web également plus élevé en France, la sous-traitance d'un contrat obtenu au Burkina Faso vers la France tient de l'aberration économique.

Dans l'absolu, cette forme de contrat est rentable puisqu'elle semble permettre à un prestataire français de gagner une petite marge sur le contrat et à l'intermédiaire burkinabé de conserver une commission satisfaisante.

Cependant, les sommes, rapportées au pouvoir d'achat dans chaque pays, relativisent le constat et soulignent la nécessité de ne pas pérenniser ce type de contrat en développant rapidement les compétences dans le pays.

(c) Les raisons des niveaux de prix pratiqués

Les coûts de la conception web au Burkina sont, nous l'avons vu, très élevés. Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs :
- La rareté des compétences qui entraîne une inflation importante des devis.
- L'existence de fantasmes liés à l'Internet. Les clients sont prêts à consacrer des sommes importantes pour être présent sur la toile, cette dernière étant censé être porteuse d'un potentiel commercial miraculeux avec les pays occidentaux.
- Les entreprises de conception savent qu'aucune d'entre elles n'a intérêt à diminuer trop les prix. Un seuil plancher n'est donc jamais dépassé.
- Le matériel informatique coûte cher et doit être amorti
- Les ressources humaines capables de concevoir et de programmer des sites sont rares et chères. Effectivement, ces personnes sont pour l'instant majoritairement des ingénieurs et sont donc grassement payés.

Or, ces coûts élevés découragent les quelques organisations qui auraient réellement un intérêt à diffuser de l'information sur le web.

Penchons nous maintenant sur les structures nationales, internationales et associatives qui encadrent et accompagnent le développement de l'internet au Burkina Faso.

 

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