3. Télécommunications, infrastructures et prix pratiqués

a) Le réseau téléphonique

(1) Etat des lieux

Le réseau téléphonique comptait en 2000, 15 commutateurs d'abonnés dont 12 sont numériques. La capacité totale était de 77 212 lignes .

Le parc de télécommunication est de 54 286 lignes , dont 49 250 fixes et 5 036 clients mobiles. La densité téléphonique est de 0,4 téléphone pour 100 habitants.
Cette faible densité est en outre essentiellement concentrée dans les zones urbaines puisque le raccordement des abonnés ruraux ne représente que 5,6% de la capacité totale de raccordement installée dans tout le réseau du Burkina.

Quelques chiffres sont donnés par l'ONATEL dans l'idée d'illustrer les efforts effectués par l'office pour le développement des télécommunications : 216 cabines publiques sont en service, le réseau de télécommunication est essentiellement numérique (87,5%), le taux d'efficacité en communications locales et interurbaines est de 56,6%, le taux moyen de disponibilité des grandes liaisons de transmission est de 99,5%, le chiffre d'affaires de l'ONATEL est passé en 10 ans de 6.750 millions de franc CFA (environ 10 millions d'euros) à 33.153 millions de francs CFA (environ 50 millions d'euros) ; parallèlement, les investissements moyens annuels sont de 11 milliards de francs CFA (environ 16 millions d'euros) ; soit 4,34% des investissements du pays.

Selon l'ONATEL, ces chiffres positionnent le Burkina Faso au quatrième rang de performance en matière de réseaux téléphoniques en Afrique de l'Ouest.

(2) Un réseau téléphonique de mauvaise qualité

Malgré ces quelques éléments encourageants, le bilan de la situation des télécommunications au Burkina Faso en 2002 ne peut pas être qualifié de succès. Les communications téléphoniques sont chères et de mauvaise qualité. Il est par exemple fréquent pour les usagers de supporter de multiples coupures ou une " friture " sur la ligne pendant la saison des pluies qui s'étale d'avril à octobre. Les délais nécessaires pour obtenir une ligne téléphonique peuvent également être très longs.

Le succès de la téléphonie mobile à partir de 1996 est révélateur des difficultés d'obtenir un service fiable par la téléphonie filaire. L'équipement du pays a été extrêmement rapide et reflète l'attente d'une solution alternative au médiocre et onéreux service de télécommunication fixe offert par l'ONATEL.

Il est néanmoins utile de rappeler que la mise en place et la gestion d'un réseau de télécommunication sont deux services très coûteux. Par ailleurs, les sources de revenus de l'état burkinabé ne sont pas nombreuses ce qui justifie en partie le niveau des prix pratiqués par l'ONATEL qui est une entreprise d'Etat. Rappelons également que ce pays est l'un des plus pauvres du monde, il apparaissait en 2001 dans les trois derniers pays du classement IDH du PNUD. Enfin, le Burkina Faso est régulièrement touché par de grandes endémies, l'espérance de vie y est donc très réduite. Le pays porte donc l'essentiel de ses efforts sur le secteur de la santé qui semble effectivement prioritaire. Ces différents éléments expliquent partiellement la qualité médiocre des services offerts par l'ONATEL.

(3) Un coût élevé des télécommunications

Les communications téléphoniques locales sont facturées par l'ONATEL 60 francs CFA par tranche de six minutes. Une heure de connexion à Internet, hors frais d'abonnement coûte donc 600 francs CFA, soit pratiquement un euro.

Le coût des télécommunications interurbaines et internationales est très élevé. A titre d'illustration, le site web de l'ONATEL indique un coût de 840 francs CFA pour trois minutes de conversation entre Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Une conversation de même durée entre Ouagadougou et Paris est facturée 2250 francs CFA.

Les télécommunications par téléphone mobile sont en revanche très appréciées des burkinabé puisqu'elles sont facturées 180 francs CFA par minute. Il est donc préférable de téléphoner de Ouagadougou à Bobo-Dioulasso avec un téléphone mobile qu'avec une ligne fixe. Notons cependant que bien que moins onéreux pour les communications interurbaines, le téléphone mobile reste très cher pour un burkinabé.

b) Infrastructures Internet

(1) Le service de transmission de données par paquets X25 (FASOPAC)

Un service équivalent au Transpac français a été lancé en 1992 par l'ONATEL : FASOPAC. L'accès au réseau est possible par le biais du réseau téléphonique commuté (RTC) depuis les principales grandes villes du pays. Il offre des débits variant entre 9,6 Kbps et 64 Kbps. L'objet de Fasopac est principalement de fournir aux opérateurs économiques des services de messageries par UUCP (Unix to Unix Copy Programm).

(2) Réseaux locaux et liaisons spécialisées

Des réseaux locaux ont été mis en place depuis une dizaine d'années. Les liaisons spécialisées permettent également à certains organismes de fournir un accès privilégié à Internet sous certaines conditions.

Le détail de ces accès est présenté dans le chapitre consacré aux accès à Internet dans le pays.

(3) Etat du réseau public

Le point d'accès du Burkina Faso est de 2 Mbps. Il existe un serveur d'accès de 112 modems à Ouagadougou et un serveur d'accès de 32 modems à Bobo-Dioulasso.
Le serveur de Bobo-Dioulasso est relié à celui de Ouagadougou par une liaison spécialisée à 2 Mbps. Notons qu'un nœud secondaire est en cours d'installation.

Des connexions permanentes TCP/IP de LAN sont possibles pour des débits allant de 32 Kbps jusqu'à 128 Kbps. Le réseau distant est directement connecté sur le Router Cisco de l'ONATEL. Le nœud national du Burkina Faso (Fasonet) compte une dizaines de liaisons spécialisées installées au profit des fournisseurs d'accès, de certains organismes et des structures de l'Etat.

La connexion par le réseau téléphonique commuté permet deux types d'accès :
- Accès à Internet en utilisant un programme d'émulation de terminal sur PC ou un Macintosh équipé d'un modem.
- Accès à distance IP depuis un PC Windows ou un Macintosh, équipé d'un modem, permettant un accès à toutes les fonctionnalités de l'Internet en utilisant SLIP ou PPP.

L'accès à Internet est théoriquement possible à partir de toute ligne téléphonique du pays au coût d'une communication locale. Ceci en composant le 1150.

Le projet Réseau Développement Durable (RDD) prévoit l'accroissement de la capacité du noeud national avec un doublement du débit actuel ainsi que la décentralisation des accès par la mise en place de cinq noeuds locaux.

Ce panorama du pays, de la situation de son informatique et de ses télécommunications va à présent nous permettre d'obtenir une vision plus claire de l'accès à l'internet, du niveau d'utilisation de ce média ainsi que de l'état des compétences techniques. Nous examinerons enfin le contenu des inforoutes burkinabé.

 

 

 

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