Le projet " The Public Domain.02 " vise à consolider l'espace public de l'internet en construisant un secteur ouvert à tous les usages, sauf les utilisations commerciales, comprenant des textes et des logiciels d'auteurs vivants, et financé par des ressources publiques ou une taxe sur les télécommunications. En France, Philippe Quéau s'est fait le défenseur de l'approche du domaine public. Ce dernier intervenant en janvier 2000 dans Le Monde Diplomatique posait la question suivante : à qui appartiennent les connaissances ? Dans cette réflexion sur les brevets et la propriété intellectuelle, Philippe Quéau notait que fin 1997, l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) avait décidé de diminuer d'environ 15 % les redevances imposées aux entreprises désireuses de déposer des brevets industriels. La raison de cette diminution se trouvait dans le surplus financier dégagé par l'organisation en raison de l'augmentation fulgurante du nombre de dépôt en 10 ans. Philippe Quéau soulignait avec ironie que " le fait qu'une organisation internationale gagne trop d'argent est, à l'heure actuelle, rarissime. Et les idées ne manquent pas pour affecter à l'intérêt général de tels fonds, provenant continûment d'une des sources financières les plus profondes qui soient... " Cela amenait cet intellectuel à remarquer que "
les brevets industriels, et plus généralement toutes les
productions intellectuelles protégées par les lois sur la
propriété intellectuelle, utilisent pour une bonne part
un fonds commun d'informations, de savoirs et de connaissances appartenant
de manière indivise à l'humanité tout entière.
Il serait juste, dans une optique de " bien commun mondial ",
d'utiliser les revenus obtenus par l'OMPI grâce au dépôt
des brevets. Par exemple, pour encourager la création d'une bibliothèque
publique mondiale virtuelle, uniquement constituée de textes appartenant
au domaine public, et donc accessibles à tous gratuitement.
Pascal Renaud, chercheur à l'IRD et à l'Unitar, reprenait en 2001 dans la revue futur(e)s l'idée émise par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de taxer les e-mail. Il commentait cette solution en affirmant que " l'Union européenne n'hésite pas à taxer les bénéfices réalisés dans les villes industrielles du Nord pour aider le Sud ou l'Est du continent. En toute logique, les promoteurs de la mondialisation devraient assumer la redistribution mondiale des ressources au profit des zones défavorisées. Les NTIC sont, nous dit-on, à l'origine de 10 % à 20 % de la croissance actuelle. Pourquoi ne pas reverser 1 % ? Et donner, par exemple, un ordinateur au Sud pour cent vendus au Nord ? ".
D'autres propositions méritent d'être signalées, notons par exemple celles issues du débat en ligne sur la maîtrise sociale des nouvelles technologies en Afrique sur le forum AFTIDEV (http://www.aftidev.net) : - Les redevances perçues lors de l'exploitation
par l'Afrique des infrastructures de commutations du Nord durant les communications
; Le panorama des solutions pour favoriser l'accès à l'internet au Burkina ayant été dressé, intéressons nous maintenant à la production et à la mise en ligne de contenu burkinabé sur les autoroutes de l'information. La création du contenu de la toile burkinabé
doit en premier lieu éviter les pièges liés aux fantasmes
des entrepreneurs face à un nouveau média dont le potentiel
semble a priori immense, mais qui est dans les faits moins " magique
" qu'il n'y paraît. Nous définirons les axes qui permettront
au Burkina Faso de définir ses priorités de communication
et d'éviter tout mimétisme. Nous examinerons ensuite les
moyens de favoriser la création de contenu en diminuant les coûts
pratiqués par les entreprises de conception web. |
| Page précédente |