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III. Quelles perspectives pour l'internet au Burkina ? La condition préalable à la maîtrise des nouveaux outils de la communication, est l'alphabétisation de la population. Ceci n'est pas un mince défi dans un pays de tradition orale et dont la population est dans sa grande majorité analphabète. L'amélioration de l'informatisation et des télécommunications intervient ensuite comme condition nécessaire au développement des points d'accès à l'internet. L'utilisation véritable du réseau nécessite enfin le développement des compétences, véritables clés d'accès aux savoirs virtuels. Toutes ces modernisation nécessitent cependant d'importants investissements, nous verrons que des solutions ont été proposées pour financer les infrastructures et le développement de l'internet africain. A. L'entrée du Burkina Faso dans la société de l'information : comment assurer l'accès à l'internet et le développement des compétences " utilisateur " ? Le développement de l'alphabétisation est le premier pas vers une appropriation des NTIC. Nous verrons que les enjeux de l'alphabétisation sont considérables et qu'ils font l'objet d'un travail important de la part de l'UNESCO. Nous nous pencherons ensuite sur quelques exemples d'actions nationales et associatives dans le domaine de l'éducation.
Comment l'Afrique, et plus précisément certains pays du Sahel, peuvent-ils atteindre un niveau d'alphabétisation optimal pour assurer l'indispensable maîtrise des outils préalable à l'entrée dans la société de l'information ? Cette question est vaste et a donné lieu a de nombreuses publications et des points de vues divergeant. Après avoir examiné la situation et les enjeux de l'éducation, nous nous pencherons sur les pistes soulevées par l'UNESCO dans ce domaine ainsi que sur l'action d'une association française au Burkina Faso.
Le dossier d'information sur l'éducation pour tous
publié sur le site web de la section de l'éducation de l'UNESCO
, précise que des progrès réels ont été
réalisés depuis la Conférence mondiale sur l'éducation
pour tous (Jomtien, Thaïlande,1990), vers les objectifs de l 'Education
pour tous : " Dans le même temps, plus de 100 millions d 'enfants, dont une majorité de filles, restent exclus de l'éducation. Si rien n'est fait, ils rejoindront les 875 millions d'adultes analphabètes, dont près des deux tiers sont des femmes ". " Dans les pays en développement, on estime qu 'un enfant de 6 à 11 ans sur cinq, soit 113 millions, n 'est pas scolarisé. 60% sont des filles. Neuf pays - le Bangladesh, le Brésil, la Chine, l'Egypte, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique, le Nigeria et le Pakistan - abritent 70 % des analphabètes du monde. Les filles et les femmes sont les premières concernées. L'Asie du sud compterait 60 % de femmes analphabètes. A l 'échelle mondiale, une femme sur quatre ne sait pas lire ". " La qualité de l'éducation demeure souvent faible et inégale. En Asie du sud et en Afrique subsaharienne, moins des trois quarts des élèves atteignent la cinquième année primaire. La recherche a pourtant démontré que six années d 'éducation primaire sont nécessaires pour atteindre des capacités durables en écriture et en calcul ". " La pandémie de VIH/sida menace de saper les progrès accomplis en matière d'alphabétisation et d'éducation générale. Dans les pays d 'Afrique les plus touchés, jusqu'à 10 % des enseignants pourraient être emportés par le virus au cours des cinq prochaines années ". " De nombreux pays ont réalisé des progrès spectaculaires dans le développement de la scolarisation, l'amélioration des taux de rétention et d'achèvement scolaires et la réduction des disparités sexuelles. La scolarisation a doublé en cinq ans en Ouganda, au Malawi et en Mauritanie, avoisinant un taux brut de 100 %. Le Bénin et la Guinée-Bissau ont également bien accru la scolarisation dans le primaire. Certaines régions sont également proches de l 'éducation primaire universelle. Elle est déjà réalisée dans les pays développés et les pays en transition ; et les régions d 'Asie orientale/Océanie et 'Amérique latine / Caraïbes touchent quasiment au but ".
La brochure publiée par la section de l'éducation
de l'UNESCO , note que l'éducation " apporte aux enfants,
aux jeunes et aux adultes la capacité de réfléchir,
d'effectuer des choix et de mener une vie meilleure. Elle brise le cycle
de la pauvreté et constitue une des clés du développement
économique et social. L'éducation des mères a des
répercussions hautement bénéfiques sur la santé,
le bien-être familial et la fécondité.
La Conférence mondiale sur l'éducation pour tous (Jomtien, Thaïlande, 1990) a fait de l'éducation de base une des grandes priorités du développement. Depuis, des progrès réels ont été accomplis : 10 millions d'enfants supplémentaires sont scolarisés chaque année, et le niveau d 'alphabétisation des adultes est passé à 85 % pour les hommes et à 74 % pour les femmes. En avril 2000, le Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal) a permis l'adoption du Cadre d'action de Dakar qui définit les objectifs de l'éducation pour tous et les stratégies pour les atteindre. Ce document retient 6 objectifs dans la lutte contre l'illettrisme
:
Le Cadre d'action de Dakar fixe en outre trois grandes échéances :
Afin de résoudre le problème de l'illettrisme, la plupart des pays africains francophones ont inscrit l'utilisation des langues africaines comme une stratégie incontournable pour améliorer et développer leurs programmes éducatifs. Cette stratégie vise principalement l'intégration des langues africaines comme moyen de communication orale et écrite dans l'enseignement. Hassina Alidou Ngame résume les stratégies mises en place dans une publication intitulée Stratégies pour le développement d'un secteur éditorial en langues nationales dans les pays du Sahel : Burkina Faso, Mali, Niger et Sénégal .
L'accès limité aux livres et aux bibliothèques a eu un impact très important sur l'éducation en Afrique. C'est ce qu'affirmait la Banque mondiale en soulignant que " La rareté des matériels éducatifs dans les salles de classe représente l'obstacle le plus sérieux à l'efficacité de l'éducation en Afrique ". Dans cette logique, Diana Rosenberg analyse l'accès, l'approvisionnement et l'utilisation de matériels complémentaires de lecture dans un certain nombre de pays africains. Elle montre comment de grands espoirs, des plans ambitieux et des efforts individuels ont été annulés à cause d'une planification, de moyens et d'infrastructures inadéquates et d'un manque de suivi dans la formation des enseignants à l'enseignement par les livres.
L'action de l'association Edukafaso s'inscrit dans la logique de l'UNESCO. L'association se présente de la façon suivante : " Edukafaso est une O.S.I. (Organisation de Solidarité Internationale) de droit français constituée sous la forme d'une association loi 1901. Elle est basée en Région parisienne. Elle compte 150 adhérents de tous âges, de toutes conditions et professions, répartis dans la France entière, et pour une petite partie à l'étranger. Un quart des adhérents sont connectés à Internet. Sur les trois points où elle agit (Bobo Dioulasso, Tougan et Konsabla), Edukafaso dispose de correspondants qui veillent à ce que les fonds soient bien employés et répartis équitablement. Avec un budget de fonctionnement annuel très modeste (11 000 euros), elle aide plus de 400 enfants à suivre leur scolarité ". Il est intéressant de noter que, conformément
aux conclusions de l'UNESCO, l'association intervient prioritairement
sur le développement de l'éducation de base : Par ailleurs, Edukafaso privilégie l'enseignement
des filles et l'action dans les zones rurales : Dans le domaine des NTIC, Edukafaso a d'ores et déjà engagé des actions de sensibilisation. Un " chat " a par exemple été organisé à l'occasion de la fête de l'internet 2002 entre Bobo-Dioulasso et un collège de Seine et Marne. L'opération, relayée par de nombreux médias a atteint pleinement son objectif de sensibilisation. L'alphabétisation est certes indispensable, mais
pas suffisante, le développement de l'accès à l'internet
passe également par une amélioration de l'informatisation
et des infrastructures de télécommunications. Observons
maintenant quelles sont les conditions nécessaires à ce
développement. |
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